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La culture kanak

kanak

L’organisation sociale


Pour comprendre le mode de vie des kanak et définir leur mode d’habitat traditionnel, il faut au préalable, saisir les grands traits d’une organisation socio-économique complexe.

En effet, la société kanak traditionnelle est organisée autour de la cellule clanique, prise comme unité sociale et spatiale. Le clan pourrait être compris comme étant un groupe humain composé de membres issus d’un ancêtre commun composant plusieurs familles. Ainsi, on pourrait dénombrer entre cinquante et plusieurs centaines le nombre de personnes composant un clan. Cette définition de base du clan s’est modifiée dans le temps en fonction des situations historiques et des lieux suite à des guerres, mésententes, nouveaux arrivants etc.

Il y a eu donc des évolutions soit par le renforcement des clans grâce à l’accueil de nouveaux arrivants en leur donnant une place et un rôle dans l’organisation sociale, soit par l’affaiblissement suite à des départs d’une partie de ses membres pour trouver ailleurs de nouvelles terres d’accueil.

Au sein du clan, règne une certaine forme de hiérarchie affective et respectueuse d’abord entre les membres, et entre les familles, puis au sein des lignées pour aboutir en haut de l’échelle au chef de clan également appelé « le frère aîné ». Représentant et porte-parole du clan, le « frère aîné » est respecté et adulé par les membres du clan ; il anime la vie du clan et tranche les litiges qui peuvent surgir entre les membres du groupe. Dans certains lieux, notamment aux Iles Loyauté, l’autonomie clanique se réduit par son intégration au sein d’une organisation sociale supérieure que l’on nomme aujourd’hui par le terme de « district coutumier ».

Dans cette organisation plus élaborée, divers clans se fédèrent autour d’une grande chefferie, dont le statut et le prestige s’apparentent plus à une royauté polynésienne qu’à la chefferie clanique kanak, cette évolution étant certainement due à une immigration polynésienne importante par le passé dans les Iles. Le clan dans ce cadre, s’identifie non plus seulement comme une entité propre et autonome, mais également par la place qu’il occupe dans l’organisation sociale du district et par les attributions qui lui sont conférées vis à vis de la grande chefferie (clan des propriétaires fonciers, clan de la magie, clan guerrier etc.).

Le chef de clan devient une sorte de serviteur du grand chef et lui doit obéissance et respect. Celui–ci symbolise le district et assure la cohésion sociale et à ce titre, il est respecté et adulé par la population du district. Il est la référence, le chef des hommes et de la terre et tranche, en dernier ressort, en cas de litiges.

Une distribution des rôles fondés sur la différenciation sexuelle


Dans toutes les manifestations de la vie sociale et quotidienne, la société kanak est structurée selon une distinction entre l’homme et la femme :

Aux hommes, les responsabilités sociales et publiques (conclusion des alliances, relations sociales et vie publique, pérennité sociale du clan etc.), les ressources alimentaires et vitales de la communauté dont la responsabilité de la culture de l’igname, objet d’échanges sociaux coutumiers.

Aux femmes, tout ce qui se rapporte à la vie et à l’intimité familiale, les travaux quotidiens et ménagers du foyer et de l’intendance familiale ; détentrice de la vie, elles assurent la reproduction des membres du clan.

On retrouve cette dualité chez les jeunes : les garçons travaillent pour la communauté et sont pris en charge par elle ; après l’adolescence, ils vivent ensemble dans un lieu distinct où ils reçoivent leur éducation aux futures responsabilités sociales et claniques. A l’inverse des filles, qui vivent avec leur mère au foyer familial dans l’attente du mariage et apprennent ainsi les rudiments de la vie familiale et ménagère.

Des rapports individuels et sociaux consécutifs à une identité à trois dimensions


Dans ses rapports avec les individus, avec les groupes sociaux ou claniques, avec la communauté, le kanak se prévaudra à chaque fois de l’une des trois dimensions de son identité de sa personnalité qui génèreront trois types de relations :
  • Les relations de sang, de nature plus individuelle, affective, intime qui induisent selon le lieu filial de parenté, des rapports et comportements déterminés. Le kanak aura ainsi des attitudes et des gestuelles distinctes selon qu’il aura en face de lui un frère, un oncle, un beau-frère, une tante etc.
  • Les relations consécutives à la position et aux rôles de son clan dans la société ; il sera homme de la terre si son clan est propriétaire foncier ; il sera pêcheur s’il est membre du clan de la mer, il sera la parole du district etc.
  • Enfin, les rapports déterminés par l’âge qui privilégient l’aîné par rapport au cadet, qui imposent le respect du plus âgé, du vieux au détriment des plus jeunes etc. Ce sont des formes de relations sociales qui accordent certains privilèges ou faveurs au bénéfice de l’âge. Ainsi, par exemple à table, on servira en premier les vieux et vieilles ; les ignames nouvelles de la récolte seront réservées aux aînés ; une hiérarchie s’établira au profit des plus âgés au sein de tout groupe social au cours d’activités ou cérémonies communautaires.

Bibliographie



Chronique du Pays Kanak Tome 3 « Editions PLANETE MEMO »
Kanaké, the melanesian way « Editions du Pacifique »
La culture mélanésienne à l’école primaire de la province « Mémoire »
Les Coutumes Kohler, Jean Marie
Comprendre l’identité Kanak - L’arbresle (69), Centre Thomas More, 1990
La renaissance culturelle mélanésienne en Nouvelle-Calédonie (entretien de mars 1984) Tjibaou, Jean-Marie « article »
Ethnies Paris, survival International (France) N°8-9-10 printemps 1989
Réflexion sur le concept de la culture appliqué au Pacifique Sud (GUIART, Jean)
Etudes Mélanesiennes Nouméa, société des Etudes Mélanésiennes N° 30, mars 1996 (article).
CCJMT…et le projet devient réalité Mwa Vée – Nouméa, ADCK N° 14, octobre 1996 (article)
Mélanésia 2000 Documents et témoignages (dossier) - Journal de la société des Océanistes - Paris, société des Océanistes
Défense de la culture Mwa Véé- Nouméa, ADCK n°8 MARS 1995
Education de l’enfant kanak - Mythe ou réalité Mwa Véé- Nouméa, ADCK n° 12 mars 1996



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